Détournement + retournement Jusque dans les années ’90, la théorie architecturale est branchée sur la philosophie — phénoménologie, déconstruction — et constitue principalement une recherche formelle et spatiale. Sans renier cet apport et le bienfait du décloisonnement qu’elle engendre, cette approche a cependant eu l’effet pervers d’isoler l’architecte du processus plus large de la construction. Devant cette aliénation plusieurs pratiques contemporaines se sont intéressées au «banal» de la pratique, et à y voir les possibilités de réappropriation du projet en intégrant au processus de création l’ensemble des actions en aval et en amont de la conception traditionnelle, la question n’étant plus de trouver «l’essence de l’architecture» mais «ce que l’architecture peut faire», bref alimenter la théorie par la pratique.
L'objectif est de créer un espace public dans la cour ouest de la faculté d’aménagement de l'Université de Montréal en explorant le potentiel créatif des étapes d’un projet : l’analyse des conditions existantes [data], la programmation fonctionnelle et temporelle [programme], la proposition spatiale, formelle et matérielle [forme], la représentation graphique des intentions [communication] et la réalisation du projet [construction].